Joseph Magliotto est né en 1892 à La Seyne-sur-Mer, dans le Var, au sein d’une famille d’origine italienne piémontaise installée depuis plusieurs générations dans la région. Incorporé au 38e Régiment d’Artillerie de Campagne (RAC) dès 1913, il est mobilisé le 2 août 1914 à l’âge de 22 ans, au début de la Première Guerre mondiale.
Artilleur engagé dans les batailles les plus meurtrières du conflit — la Lorraine, la Marne, Verdun et la Champagne — Joseph Magliotto incarne le destin de toute une génération sacrifiée. Sa bravoure est attestée par plusieurs citations : blessé à trois reprises à Verdun en 1916, il refuse systématiquement d’être évacué pour rester au service de sa pièce.
Treize lettres manuscrites, conservées par sa famille et datées de novembre 1915 à septembre 1918, témoignent de sa vie quotidienne au front : la boue, le froid, les obus, le « cafard », l’attente des permissions et des colis envoyés par ses proches. Ces lettres constituent un témoignage historique précieux sur la vie des poilus pendant la Grande Guerre.
Promu maréchal des logis en septembre 1918, Joseph Magliotto meurt le 8 octobre 1918, frappé par un éclat d’obus dans l’Aisne, seulement 33 jours avant l’armistice. Il est enterré à Holnon, puis rapatrié au cimetière de La Seyne-sur-Mer en 1922. Son nom figure sur le monument aux morts du port de La Seyne.
Ce récit historique, rédigé par Yolande Le Gallo pour le centenaire de la Grande Guerre (1914–2014), redonne vie à un homme ordinaire devenu héros malgré lui, symbole du lourd tribut payé par la ville de La Seyne-sur-Mer lors du premier conflit mondial.



